Forum Mondial d'Istanbul : des avancées significatives
Du 16 au 22 mars 2009, près de 33000 participants venus de 192 pays se sont réunis à Istanbul pour analyser et proposer des solutions aux problématiques liées à l'eau et à l'assainissement dans le monde.
Plus d'une personne sur six dans le monde n'a pas accès à l'eau potable et près d'une personne sur deux n'a pas accès à l'assainissement. À eux seuls, ces chiffres montrent l'ampleur des enjeux ; enjeux qui vont être exacerbés dans les décennies à venir par l'évolution démographique, l'urbanisation galopante et les changements climatiques. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement, définis par l'ONU en 2000, ne seront pas atteints en 2015 comme prévu, en particulier en Afrique subsaharienne.
Fort de ce constat, le Forum mondial de l'eau a permis de réaffirmer l'urgence de
mettre l'eau au premier plan des
agendas politiques et au centre des problématiques climat, énergie, développement alimentation et santé.
La déclaration ministérielle, adoptée le 22 mars 2009, a en particulier :
-reconnu pour la première fois la nécessité de
développer la collecte, le traitement et la réutilisation des eaux usées (au-delà de l'indispensable accès à des toilettes, comme le préconisaient les Objectifs du Millénaire),
-appelé Ã
un recouvrement durable des coûts en s'appuyant pour cela surl'ensemble des flux financiers possibles (tarifs, taxes et aide publique au développement),
-réaffirmé l'intérêt d'
une gestion de l'eau par bassins, y compris transfrontaliers.
Mobiliser l'ensemble des forces disponibles Si la déclaration ministérielle ne reprend pas explicitement la mention du droit à l'eau comme un droit fondamental, celui-ci a été soutenu par de nombreux États et acteurs, en particulier par les autorités locales et régionales, ainsi que par Jean-Louis Borloo, ministre d'État, et Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie, tous deux présents à Istanbul. Les travaux des parlementaires et des collectivités locales ont permis d'aboutir à la création d'un centre d'assistance aux parlements nationaux pour la mise en place de structures de gouvernance et l'élaboration de lois sur l'eau.
Il est apparu à la plupart des acteurs que les avancées nécessaires pour relever les défis de l'eau sont telles qu'il faut pouvoir mobiliser l'ensemble des forces et des financements disponibles, qu'elles soient publiques ou privées, pour y faire face. En conclusion, le Forum aura permis - grâce à l'espace de dialogue qu'il a offert et à l'investissement des hommes politiques -
de faire progresser la conscience collective sur l'eau.
La mise en place d'indicateurs de suivi de progrès
La France s'est montrée particulièrement active sur ce Forum grâce à l'action du Partenariat Français pour l'Eau* (PFE) dont la FP2E est membre. À l'issue du Forum, le PFE a appelé à la mise en place, par le Conseil mondial de l'eau, « d'indicateurs de suivi des progrès réalisés de forum en forum, pour encourager la prise de responsabilité de tous les acteurs ». Rendez-vous est donc pris pour 2012, date à laquelle sera organisé le prochain Forum mondial de l'eau. Il pourrait avoir lieu à Marseille, la ville s'étant portée candidate pour accueillir le Forum, ou à Durban en Afrique du Sud.
* Il regroupe les acteurs français de l'eau intervenant Ã
l'international (collectivités territoriales,ministères, agences
de l'eau, ONG, entreprises, associations, centres de
recherchesÂ…).
Site internet :
www.partenariat-francais-eau.fr
Télécharger le supplément d'Aquae consacré au Forum mondial de l'eau
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