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Paris Normadie.fr FP2E  

La contamination par les pesticides des cours d’eau en France reste quasi-généralisée, malgré les efforts naissants de la profession pour lutter contre cette pollution, Paris Normandie.fr

Avril 2014

 

 

Mercredi 30 avril, les Chambres d’Agriculture et la Fédération des entreprises de l’eau (FP2E) ont renouvelé et renforcé leur partenariat. Leur but : pousser les agriculteurs à adopter des pratiques plus respectueuses de l’eau. 

 

«Une collaboration est nécessaire pour améliorer la qualité de l’eau autour des zones de captages» alors que 10% des ressources en eau nécessitent un traitement contre les nitrates et 20% de l’eau a besoin d’un traitement contre les pesticides, a relevé Philippe Maillard, président de la FP2E lors d’une conférence de presse.

 

Agriculteurs et fournisseurs d’eau sont unis depuis 2009. Leur but initialement était d’améliorer la situation des 500 points de captages d’eau désignés comme prioritaires par le Grenelle de l’environnement de 2007.

 

Cinq ans plus tard, ils ont réussi à mettre en place des actions concrètes autour de 250 points de captage. Et sur les 250 autres, des initiatives sont en cours de construction, assure Guy Vasseur, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture.

 

 

Piéger les nitrates


A Orléans par exemple, la mairie, les Chambres d’agriculture du Loiret et l’Orléanaise des Eaux ont construit dès 2000 une véritable démarche commune pour diminuer la présence «faible mais récurrente» d’herbicides dans les eaux brutes autour du captage du Val, qui alimente en eau 150.000 personnes.


«Un rapprochement» avec les agriculteurs était indispensable puisque sur les 1.000 hectares entourant la zone de captage, 900 étaient agricoles, répartis sur 50 exploitations dont beaucoup maraichères ou horticoles.


Les Chambres d’agricultures les ont poussés à effectuer des travaux sur leurs fermes pour limiter les pollutions en améliorant le stockage des engrais ou des hydrocarbures. Ils ont aussi travaillé sur les pollutions diffuses dans les champs ou sur les possibilités d’économie d’eau, explique Mélanie Hovan de la Chambre d’agriculture du Loiret.

 

Les deux techniques les plus connues pour cela sont la mise en place de cultures intermédiaires -- comme la moutarde -- qui ne sont pas destinées à être récoltées, mais juste à piéger les nitrates provenant de la culture précédente. Ou les bandes enherbées, obligatoires sur une surface minimale des exploitations, qui permettent d’absorber certains engrais avant l’arrivée de l’eau dans les rivières.

 

Un dispositif qui a porté ses fruits puisqu’à partir de 2006, la présence de molécules de pesticides avaient reculé et les concentrations étaient plus faibles.

 

En 2010 et 2011, aucune trace n’a même été relevée. Mais en 2012, un pic ponctuel est venu noircir le tableau.

 

Contamination "quasi généralisée"


Aujourd’hui, les trois partenaires comptent élargir le périmètre d’action. Mais ils reconnaissent que «les agriculteurs ne sont pas toujours facilement mobilisables» et qu’il y a toujours cette crainte de faire différemment et «d’être montré du doigt», explique Mélanie Hovan.

 

«Nous constatons une mobilisation, même si elle est par moment variable et hétérogène», veut croire Philippe Maillard.


Les agriculteurs ont donc fort à faire, d’autant qu’à la fin 2013 la Conférence environnementale a décidé de doubler le nombre de captages prioritaires à 1.000, sur les 12.000 points de captage que compte le pays. Et que fin juillet, le Commissariat général au Développement durable relevait que la contamination par les pesticides des cours d’eau en France était «quasi généralisée».


Les zones les plus touchées sont les grandes régions céréalières, maraichères ou viticoles : nord de la France, Bassin parisien, sud-ouest, amont du Rhône et Martinique.


En 2011, sur les 176 secteurs hydrographiques (découpage géographique par bassins versants des rivières) surveillés en France métropolitaine, 63 présentaient une concentration moyenne annuelle supérieure à 0,5 microgramme par litre, seuil au-delà duquel l’eau est jugée «impropre à la consommation humaine».


Les nappes souterraines semblent, elles, moins contaminées. En 2011, quatre des 176 aquifères surveillés présentaient une concentration totale supérieure à 0,5 microgrammes, notamment la nappe de Beauce (région parisienne) ou dans le Vaucluse.

 

 

Article paru dans Paris Normandie.fr


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