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Environnement local fp2e  

Les Chambres d’agriculture et les entreprises de l’eau coopèrent pour protéger les captages,

Environnement local

Mai 2014

 

 

Depuis 2009, la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) et les Chambres d’agriculture France (APCA) ont noué des partenariats de terrain entre techniciens de l’eau et conseillers agricoles pour la protection des captages d’eau potable.

 

Fin avril, ces partenaires signaient une charte d’engagements pour intensifier leurs actions, notamment sur les captages prioritaires. La 2ème Conférence environnementale de 2013 s’est en effet traduite par un doublement des captages prioritaires au sens du Grenelle, dont le nombre passe de 500 à 1 000.

 

La charte d’engagements permet d’amplifier les partenariats avec les collectivités et les intercommunalités. Selon Guy Vasseur, président de l’APCA, les Cham­bres d’agriculture, qui animent déjà 70 % des plans d’actions agricoles dans les aires d’alimentation des captages, souhaitent voir leurs compétences retenues dans les appels d’offre de protection des captages et comptent renforcer leur expertise par le biais des coopératives.

 

Les 4 objectifs de la charte d’engagements :

  1.  Développer les partenariats locaux pour diffuser les bonnes pratiques et les expériences acquises sur les captages prioritaires. Les plans d’action sont en place sur la moitié des 500 captages prioritaires du Grenelle, note Philippe Maillard, président de la FP2E : sachant qu’il faut 1 à 2 ans pour définir le plan d’actions et autant pour le mettre en œuvre, les résultats se mesurent à long terme, jusqu’à 10 ans pour rétablir la qualité de la ressource en eau ; il faut viser les 500 plans d’actions, puis le millier.

 

  1. Proposer des solutions performantes et adaptées aux territoires : actuellement, 10 % de la ressource en eau potable nécessitent de traiter les nitrates, 20 % pour les pesticides. La FP2E et les Chambres d’agriculture travaillent sur des outils de modélisation de l’impact des pollutions sur les nappes et les captages : la Lyonnaise des Eaux développe le Nitra’Scope, outil d’analyse des sols et du sous-sol et d’aide à la décision pour restaurer la qualité des eaux jusqu’au forage ; l’APCA analyse la diffusion en profondeur des produits phytosanitaires (PPP) dans les sols. La percolation des polluants est très lente, rappelle Didier Marteau, président de la Commission Environnement de l’APCA : sur le site test de Thibie (voir EL n° 954), 8 des 50 molécules épandues en surface se retrouvent à 50 cm de profondeur ; des polluants sont encore présents après 12 ans d’interdiction. Les attentes et les actions diffèrent selon les territoires, souligne Luc Servant, président de la Chambre d’agriculture de Charente-Maritime. D’où l’intérêt de décliner localement les conventions d’engagement en fonction des spécificités de la ressource en eau, de la nature des sols, de la prédominance des nitrates ou des PPP et des pratiques agricoles. Les enjeux actuels se concentrent plutôt sur l’impact environnemental des molécules que sur leur impact sanitaire, avec des positions nuancées. S’agissant des nor­mes sur les nitrates (voir EL n° 1014), Philippe Maillard s’en tient à la norme fixée (50 mg/l pour la potabilité), tandis que Guy Vasseur préconise de tenir compte des données scientifiques nouvelles.

 

  1. Sensibiliser et former les intervenants, collectivités et agriculteurs, avec le soutien des signataires de la charte et des Agences de l’eau. Des modules de formation sont organisés pour les élus locaux et ceux des Chambres d’agriculture. La protection de la ressource inclut différentes actions : encadrer la manipulation des PPP pour éviter les pollutions accidentelles, réduire les doses de PPP, changer de produits, passer au biocontrôle pour renforcer la résistance des plantes (voir EL n° 1016), économiser l’eau…

 

  1. Accompagner les changements de pratiques : il s’agit de construire des réponses préventives et curatives de protection de la ressource, par exemple capter l’azote naturel produit par la minéralisation automnale pour le réintroduire dans les cultures, indique Luc Servant, signalant également les recherches du Pôle DREAM (voir EL n° 1012) sur les zones humides artificielles.

 

 

Enfin, assure Guy Vasseur, l’agriculture biologique n’apporte pas une réponse universelle sur l’ensemble des aires de captages. L’agriculture conventionnelle doit apporter des solutions, par l’agroécologie (synonyme d’agriculture raisonnée) et par un travail sans exclusive sur la conduite de la fertilisation et de la défense des cultures.

 

Anne Lévy-Thibert

 

 

Article paru dans La lettre de l'Environnement local

 


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